Je m’adresse aux futures mamans à propos d’un sujet qui me semble VITAL : les glaires à la naissance de son enfant.

Je partage ici mon expérience de jeune maman -très jeune maman puisque bébé a pointé le bout de son nez le 1er mars- car le pire aurait pu arriver.

Sois vigilante à la naissance de bébé ! Comme tu le sais probablement, il boit et respire du liquide amniotique durant ta grossesse, ce qui lui provoque les hoquets incessants que tu ressens dans ton ventre les derniers mois. Une fois mis au monde, on te confie ton bout de chou sans te prévenir des complications qui peuvent en découler.

Mon fils est né dans des conditions difficiles mais une fois cette épreuve passée, je me suis retrouvée dans ma chambre avec mon petit bébé dans les bras. L’aventure pouvait commencer. Et je n’ai pas compris tout de suite pourquoi nos nuits étaient si difficiles dès le départ. Des pleurs incessants, un bébé qui renifle et dont le nez semble encombré. En posant des questions à l’équipe de soins, on me répond à chaque fois qu’il s’agit de glaires et que ça va passer. Il faut juste patienter, c’est une question de jours avant qu’il ne les expulse naturellement. Tu verras donc bébé éternuer mais rassure-toi, il n’est pas enrhumé. C’est sa manière d’évacuer le mucus de lui-même. En attendant, on peut lui nettoyer le nez avec du coton et faire du peau à peau avec lui en le tenant le plus possible à la verticale. Autant te dire que je dors peu et que les dernières nuits à la maternité se résument à essayer de calmer bébé, à le redresser pour le soulager un peu. Il mâchouille frénétiquement sa tétine comme s’il tentait de s’apaiser lui-même. Je finis même par dormir avec lui dans mon lit en le posant sur son coussin d’allaitement – chose qui est fortement déconseillée mais qui ne me laisse pas le choix tant il est inconsolable -. Pas facile quand tu ne connais pas encore ton loulou.

Puis nous rentrons à la maison un vendredi. Le week-end passe. On ne dort pas. La nuit du dimanche au lundi, il pleure plusieurs heures sans s’arrêter et ses cris ressemblent à des appels à l’aide. Il est rouge, tente de reprendre son souffle qui est de plus en plus rapide et saccadé. Pris de panique, nous nous rendons aux urgences. Mon mari reste près de lui plus de 12h (avec le Covid, un seul parent est autorisé et je me morfonds en salle d’attente). On vérifie ses constantes : taux d’oxygène, rythme cardiaque et cycle respiratoire. Le taux d’oxygène doit être compris entre 90 et 100%. Il descend à 80. On finit par lui nettoyer le nez et aspirer ses glaires avec une machine.

J’apprends par la suite que les hôpitaux aspiraient auparavant les glaires dès la naissance mais qu’ils ne ne le font plus. J’apprends également qu’un bébé ne respire pas par la bouche pendant les 3, 4 premiers mois de sa vie. Il ne peut compter que sur son petit nez. Il faut savoir que le lait calme l’enfant momentanément. Alors qu’on me culpabilisait presque en me disant qu’il avait faim, je réalise que le fait de porter sa main à sa bouche et de téter sa tétine comme un forcené étaient des signes de tentative de soulagement de sa part et non des vraies demandes de biberon.

Un bébé qui pleure est un bébé qui respire donc si une telle mésaventure arrive, c’est une information qui est primordiale car elle rassure un peu. Il faut s’inquiéter lorsque sa respiration devient saccadée toutes les secondes. Ton enfant ressent ton stress donc si tu t’inquiètes, il va le sentir et s’énerver davantage. Essaie donc de rester calme (plus facile à dire qu’à faire surtout lorsque tu manques de sommeil et que tu t’inquiètes pour la vie de ce petit être tout fragile).

Nous sommes retournés aux urgences le lendemain mais les constantes étaient bonnes cette fois-ci. On nous a donné plus d’informations ce qui nous a soulagés et évité de paniquer davantage face aux pleurs suivants. Nous lui nettoyons le nez avant chaque biberon avec des dosettes de serum physiologique – on fait passer le serum d’une narine à une autre – et tout semble aller mieux depuis le retour à la maison.

Je complète ces informations en t’alertant également sur les reflux gastro-oesophagiens. Je ferai un article spécifique sur le sujet. Il se trouve que notre bébé en fait. Nous l’avons découvert au bout de 2 – 3 semaines. Lors de la tétée, le lait remonte dans l’oesophage sous forme de reflux externes ou internes. Les reflux externes se voient. Les reflux internes sont invisibles mais s’entendent. Ton bébé fait de drôles de bruits mais c’est en fait le lait qui remonte et qui redescend dans l’estomac ce qui brûle l’oesophage au passage. Lorsque bébé recrache carrément son lait sous forme de geyser, il s’agit de régurgitations. Les glaires et les reflux peuvent être fortement liés. En effet, les reflux ont aussi tendance à encombrer le nez de bébé et à former des glaires donc sois attentive à ces signes.

Je tenais à partager cette expérience car elle nous a profondément marqués en s’ajoutant à un accouchement déjà très difficile. Autant te dire que les 10 premiers jours n’ont donc pas été tout roses sans parler de la suite où il faut tâtonner pour trouver le bon lait et les gestes adéquats pour soulager bébé. En tout cas, quoi qu’on te dise, sache qu’un enfant qui pleure au moins 2 heures sans interruption et qui semble souffrir, ce n’est pas normal surtout lorsqu’il est repu, qu’il a été changé et qu’il a reçu toute l’attention et les câlins qu’il faut.

Nous démarrons finalement notre vie à 3 bien plus tard que prévu, en espérant que le meilleur nous soit réservé pour la suite.

MRomantica (ou la Maman Romantica)