Les bébés peuvent souffrir très tôt de reflux gastro-oesophagien, communément appelé RGO. Il peut être d’origine mécanique ou allergique. Dans le premier cas, l’estomac tout neuf du nourrisson est souvent en cause. La machine n’étant pas encore rôdée, le sphincter surplombant l’estomac ne remplit pas bien sa fonction et laisse le bol alimentaire remonter dans l’oesophage. Les bébés prématurés, nés par césarienne ou encore non allaités seraient davantage concernés.

Comment reconnaître le reflux ?

Un enfant qui rend un peu de lait, c’est tout à fait normal ! En revanche, s’il régurgite systématiquement un geyser à la manière de l’Exorciste, il subit un reflux externe. Facile à reconnaître car le mécanisme est impressionnant. Lorsque mon fils a régurgité de cette manière la première fois, il y en avait assez pour repeindre le mur du salon. Je me suis retrouvée bête, complètement trempée, mon bébé d’à peine 15 jours à changer, le tapis et le canapé à nettoyer. En cas de régurgitations récurrentes, il faut prendre garde à ce que ton petit ne perde pas de poids et ne fasse pas d’allergie aux protéines de lait de vache (APLV). D’après ce que les médecins m’ont dit, l’APLV ne toucherait pas les bébés qui prennent bien du poids. Si ton loulou ne grossit pas, penche-toi sur le sujet pour faire une éviction des APLV et remplacer son alimentation par du lait de chèvre ou de riz par exemple. Il arrive aussi que le reflux soit d’origine allergique ET mécanique à la fois. Pour ma part, bébé n’a pas été sujet aux allergies. Je m’attarderai donc davantage sur le RGO mécanique.

Il existe aussi le reflux interne, bien plus sournois, qui peut passer inaperçu et dont mon fils a aussi fait les frais. Ouvre tes écoutilles ! Si c’est le cas, le lait fait un aller-retour entre l’oesophage et l’estomac de manière intermittente, sans ressortir. On entend les échos de sa tuyauterie « plop, plop »ou un ronflement qui peut nous amuser sur le moment par méconnaissance du sujet. On se dit « Oh, les drôles de bruits ! » Or, le reflux interne est douloureux car il irrite la gorge et induit une oesophagite plus ou moins aiguë. L’enfant souffre, pleure, s’énerve et se provoque encore plus de remontées acides. Un vrai cercle vicieux.

Pour ma part, mon fils a fait les deux mais de manière désynchronisée ! Il a démarré par le reflux interne intermittent jour et nuit puis des régurgitations après le biberon – parfois plusieurs heures après le repas – s’y sont greffées peu de temps après.

Autre moyen de reconnaître le reflux : le comportement de bébé vis-à-vis de son lait. Soit il se jette dessus et le réclame souvent parce que ça le soulage momentanément soit il le rejette en bloc si sa gorge est trop irritée. Mon fils se jetait sur ses biberons. Il pleurait aussi beaucoup après le repas, au moment du rot qui était difficile à sortir.

Quand diagnostique-t-on le reflux ?

Il est difficile de le diagnostiquer tôt. Il faut souvent attendre au moins 3 semaines pour le déterminer. Or, plus tôt le reflux sera diagnostiqué, plus tôt tu diminueras la probabilité de le laisser s’installer durablement. Dans mon cas, mon bébé a commencé à avoir des glaires à la naissance. J’ai pris l’habitude de lui nettoyer le nez avec du sérum physiologique quotidiennement. Tu me diras : quel rapport avec le reflux ? Il y en a un. Mon titi dormait de plus en plus difficilement en position allongée. Au début, il ne régurgitait pas et acceptait bien son lait. Un vrai glouton sur pattes dès la naissance ! Au bout d’une dizaine de jours, c’est l’ostéopathe qui nous a mis sur la voie du RGO interne en entendant les bruits de remontée dans son oesophage pendant la consultation. Nous avons appris que la remontée du lait pouvait provoquer des glaires et obstruer le système respiratoire. Mais en plus de cela, bébé a commencé à régurgiter son biberon au bout de deux semaines et ce, tous les jours d’une manière peu ordinaire. Reflux interne et externe : le pompon ! Les nuits sont alors courtes et ne parlons même pas des journées !

Que faire pour soulager le reflux chez bébé ?

Il n’y a pas de traitement miracle ! On ne peut médicamenter un nourrisson à sa guise. Les prescriptions médicamenteuses sont donc restreintes -j’en parle plus bas -. On dit que l’on voit une amélioration dès ses 3 mois, lorsqu’il commence à se redresser tout seul et…c’est vrai ! Du moins pour le mien. La patience sera ton meilleur allié. Mais le RGO peut aussi s’installer plus durablement jusqu’à 12 mois voire plus. Il faudra alors investiguer pour endiguer le problème qui peut parfois se révéler plus épineux et trouver sa source ailleurs. En effet, le RGO peut venir d’un problème de frein de la langue ou encore d’un syndrome de Kiss. Bien d’autres causes existent.

En attendant, bébé souffre et les parents sont au bout du rouleau. Il faut évidemment agir ! N’hésite pas à prendre conseil auprès de ton médecin, d’un pédiatre, des puéricultrices de la PMI et d’un ostéopathe. Le chiropracteur peut aussi faire du bien. Si après tous les conseils prodigués, tu ne notes aucune amélioration, direction le gastro-entérologue pédiatrique qui fera des examens plus poussés.

L’alimentation

Le lait étant trop liquide, il remonte plus facilement dans la gorge. Il faut donc songer à l’épaissir. De mon côté, nous avons remplacé son lait par un lait anti-régurgitations (lait AR). Il est plus épais ce qui permet d’alourdir l’alimentation dans l’estomac et par conséquence de diminuer le reflux tout en ralentissant la digestion. Attention, il faut attendre avant d’avoir du résultat. On a tendance à vouloir percevoir un changement trop rapidement et on fait parfois l’erreur d’abandonner le lait qui fonctionnait le mieux. N’oublie pas que le corps de ton bébé est en plein apprentissage. Si le lait a été remplacé, on attend donc 15 jours d’intervalle avant d’en envisager un nouveau.

Si les selles deviennent vertes, pas de panique ! Il n’y a rien d’anormal sous lait AR. Du moment qu’elles ont une texture de purée et une odeur basique, aucune raison de s’inquiéter. En revanche, si le lait provoque des diarrhées, des odeurs nauséabondes, des ballonnements (pets à répétition), des douleurs digestives, il faut l’arrêter. Le lait à base d’amidon a tendance à constiper tandis que le lait à base de caroube peut provoquer des diarrhées si mal toléré. Là encore, il n’y a pas de règle. C’est selon l’enfant. Mon fils n’a pas supporté la caroube (lait Physiolac). Il a eu si mal au ventre qu’il s’en griffait le visage la nuit. Ses selles avaient une odeur de vomi. Nous lui donnons donc du lait constitué d’amidon (Guigoz AR). Les premiers temps, ce lait le constipait. Nous l’avons aidé en lui faisant quelques biberons composés d’un tiers d’Hépar et tout est rentré dans l’ordre. L’Hépar doit être utilisée avec parcimonie car elle rend les reins de bébé fainéants. En cas de constipation, tu peux masser le ventre de ton enfant et lui faire faire du pédalo avec les jambes pour améliorer sa digestion. Rechanger de lait ? Nous y avions pensé mais nous nous sommes vite rendu compte qu’aucun lait n’est parfait. Soit le reflux diminue avec une digestion douloureuse soit c’est l’inverse. Repartir de zéro à chaque fois, pas facile !

Si tu souhaites garder un lait classique ou tirer ton lait, tu as la possibilité de l’épaissir toi-même avec du Magic Mix ou un équivalent.

Pour la tétée, tu peux choisir une tétine adaptée pour éviter à bébé d’avaler trop d’air et maîtriser le flux. Personnellement, vu que le lait épaissi a du mal à passer dans le trou de la sucette, nous avons opté pour des tétines normales (biberons en verre Pommette). En revanche, nous avons appris à fractionner les prises toutes les 10 gorgées sans oublier de bien faire le rot. Après chaque biberon, garder bébé contre soi à la verticale entre 20 et 30 minutes est essentiel pour limiter les remontées. Seul bémol avec le lait AR : les grumeaux. Pour les éviter, il suffit de préparer le lait dans un chauffe-biberon, de remuer avec une fourchette et de secouer énergiquement. Si ce système se révèle insuffisant, la passoire sera ton amie. Plus le biberon est grand, plus le mélange devient facile.

Info importante : le lait AR ne supprime pas le reflux interne mais le diminue. Il peut y avoir des périodes de mieux comme de recrudescence. Il est important de patienter. Tant que bébé tolère bien son lait, qu’il prend du poids et qu’il ne régurgite plus autant, c’est déjà une victoire. L’amélioration va davantage dépendre de la maturation de son estomac si le RGO est mécanique. Plus bébé grandira, mieux ce sera. La diversification alimentaire aidera également le moment venu. Je l’ai démarrée à 4 mois et demi et je vois une vraie différence. Il faut juste prendre garde aux aliments acides qui ne sont pas recommandés. Il est également possible que le RGO reprenne du terrain au moment de la poussée dentaire. C’est bon à savoir.

L’eau du biberon doit être choisie avec minutie ! Volvic est idéale car elle a un faible PH. Evian, contrairement à ce qui est véhiculé, n’est pas bien adaptée aux bébés et m’a été déconseillée par les puéricultrices et l’ostéo. Mont Roucous s’est révélée trop acide.

Les « médicaments »

Pour éviter les brûlures de l’estomac et calmer bébé pendant ses crises, le gel framboise Polysilane a été VITAL. Il suffit de déposer une noisette sur la tétine avant chaque biberon et à chaque fois que bébé pleure de douleur. Quand ton petit bout hurle pendant des heures, ce gel apaise sa gorge immédiatement. Après le biberon, le Gaviscon protège l’estomac en faisant office de pansement. Si tu entends parler de l’Inexium ou du Mopral, sache qu’on conseille de n’en donner qu’à partir d’1 an à cause des effets secondaires sur la flore intestinale.

En termes de probiotiques, l’ostéo nous a conseillé BioGaia Nourrisson que j’ai administré à mon bébé pendant 3 semaines afin d’aider sa flore intestinale à se développer et ainsi améliorer le confort digestif. Attention, les probiotiques ne sont pas conseillés en cas d’APLV.

La verticalité

Pour aider ton enfant à se sentir mieux, il faut le tenir à la verticale au maximum. Aux premières semaines de sa vie, il va avoir besoin d’être rassuré, porté en faisant du peau à peau. Le porte-bébé est pratique. L’écharpe est légère pour la maison tandis que le porte-bébé à sangles est plus adapté pour les balades.

Attention au choix du transat qui comprime souvent l’estomac et n’aide pas bébé. Idem pour le cosy !

On opte pour le change avant le biberon et on ne serre pas trop les couches. On évite également les vêtements trop serrés au niveau de l’estomac.

Concernant le dodo, inutile de préciser qu’il est mieux d’avoir son petit bout près de soi la nuit. Pour éviter tout étouffement à cause des remontées de lait, tu peux incliner son lit. Le cododo est très bien pour cet usage. Pour ma part, j’ai rajouté un coussin incliné à 15° de la marque Tinéo « Cale bébé Cocon de sommeil ». Il comporte un oreiller morphologique, deux cales en mousse sur les côtés pour maintenir le nourrisson droit et un cale-jambes pour favoriser la digestion. Le tout est modulable avec des scratchs. Il est topissime ! Bébé ayant eu des remontées en pleine nuit ainsi que des vomissements, nous avions la peur au ventre toutes les nuits. Avec le système de cales et d’inclinaison, tout s’est amélioré.

Le reflux est difficile à vivre pour tout le monde, surtout par le manque de sommeil et un nourrisson dont on ne comprend pas les pleurs. Les nuits blanches sont éreintantes -les journées aussi – avec un enfant que l’on doit beaucoup faire dormir sur soi. Je te conseille d’ailleurs de te parer de boules quiès pour soulager tes tympans face aux cris stridents de bébé lorsque tu t’occupes de lui. Je crois que je n’ai jamais été aussi impuissante, inquiète et fatiguée de toute ma vie. Manger ou aller aux toilettes devient un luxe. On ne sort plus. Il ne faut surtout pas rester seule dans ce cas-là et ne pas hésiter à demander de l’aide. On se sent incompris et dépassé face aux médecins qui banalisent souvent le RGO. Avec de la patience et beaucoup d’amour, tout cela finit par ne devenir qu’un mauvais souvenir – tôt ou tard -. En tout cas, c’est ce que je te souhaite.

MRomantica (ou une Maman fatiguée qui récupère enfin !)

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